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Nos tips d'écriture

Relire son manuscrit avant de l'envoyer : la checklist qui aide vraiment

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Vous avez fini d'écrire. Enfin ! Le point final est posé, et maintenant vient une étape qu'on sous-estime souvent : la relecture avant envoi. Ce n'est pas juste une question d'orthographe, c'est l'occasion de repérer, seul·e, ce qu'un·e éditeur·rice remarquera en quelques pages. Voici une checklist concrète, pensée pour être vraiment actionnable, pas juste une liste de bonnes intentions (tant qu'à faire!).



Avant même de relire : laissez reposer le texte


La première étape n'est pas une lecture, c'est une pause. Si vous le pouvez, laissez votre manuscrit de côté au moins deux à trois semaines avant de le relire. Avec de la distance, vous verrez des choses qui vous étaient invisibles quand vous aviez encore le nez dedans : des répétitions, des incohérences, des passages qui traînent en longueur sans que vous vous en rendiez compte au moment de l'écriture.


Les 50 premières pages : votre priorité absolue


Si vous n'avez le temps de tout relire en profondeur qu'une seule fois, concentrez cet effort sur le début. C'est ce qu'un·e éditeur·rice lira en premier, et c'est souvent là que se joue l'essentiel de sa décision.

  • Est-ce que l'entrée dans l'histoire est claire, sans confusion sur qui est qui et où on se trouve ? (surtout quand on entre dans des romans de fantasy par exemple qui demande un lore parfois important à intégrer).

  • Est-ce que le rythme accroche dès les premières pages, sans un excès d'exposition avant que quelque chose ne se passe vraiment ?

  • Est-ce que la voix narrative est déjà bien installée, reconnaissable ?


La cohérence, chapitre après chapitre


Les incohérences sont le piège le plus fréquent, surtout sur un texte long écrit sur plusieurs mois. Une checklist rapide à parcourir :

  • Les prénoms, les noms de lieux, les détails physiques des personnages restent-ils identiques du début à la fin ?

  • La chronologie interne tient-elle ? Un personnage ne se retrouve-t-il pas quelque part avant même d'avoir pu y arriver ?

  • Les informations données au lecteur restent-elles cohérentes (un secret révélé au chapitre 5 n'est-il pas déjà connu du lecteur depuis le chapitre 2, sans que ce soit voulu) ?


Le rythme global : où ça traîne, où ça va trop vite


Une astuce simple pour repérer les passages à mou : listez, chapitre par chapitre, en une phrase, ce qui s'y passe. Si vous peinez à résumer un chapitre en une phrase parce qu'il ne s'y passe rien de notable, c'est probablement le signe qu'il peut être resserré, fusionné avec un autre, ou coupé.

À l'inverse, si un moment clé de l'histoire (une révélation, un tournant émotionnel) se résume en deux paragraphes alors qu'il mériterait plus d'espace, c'est le signe inverse : un passage à développer.


La cohérence des personnages


Un personnage peut évoluer au fil de l'histoire (c'est même souvent le but), mais cette évolution doit être justifiée par ce qui lui arrive, pas apparaître du jour au lendemain sans raison visible. Demandez-vous, pour chaque personnage principal : si je retire les scènes où il change, est-ce que ce changement paraît toujours crédible, ou seulement pratique pour l'intrigue ?


Traquez vos tics d'écriture


Chaque auteur·ice a ses réflexes de langage : un mot qui revient sans cesse, une construction de phrase répétée, un geste que les personnages font constamment ("elle soupira", "il haussa les épaules"). Ce n'est pas grave en soi, mais répété trop souvent, ça devient visible et lasse le lecteur.


Astuce concrète : utilisez la fonction recherche de votre traitement de texte pour compter les occurrences de vos mots suspects habituels ("soudain", "juste", "vraiment", les adverbes en "-ment" en général). Si un mot apparaît des dizaines - voire des centaines - de fois, c'est le moment de varier.


Faites-le lire à voix haute, au moins des extraits


Lire un passage à voix haute (ou se le faire lire par un logiciel de synthèse vocale) révèle des choses que l'œil seul ne capte pas : des phrases trop longues pour être respirées naturellement, des dialogues qui sonnent artificiels, des répétitions sonores gênantes.


Le regard extérieur reste irremplaçable


Aussi rigoureuse que soit votre propre relecture, vous ne pourrez jamais lire votre texte complètement à l'aveugle. Vous savez déjà ce qui va se passer, ce qui rend certains manques difficiles à repérer seul·e. Si vous en avez la possibilité, faites lire votre manuscrit (ou au moins les premiers chapitres) par une ou deux personnes de confiance avant de l'envoyer. Pas nécessairement des professionnel·les, juste des lecteurs·rices sincères capables de vous dire honnêtement ce qui les a accrochés ou perdus.


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