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Retours Atelier #11



On retrouve encore et toujours nos deux fidèles participants ! Merci à vous !


#1 Lally

Je prenais mon mal en patience dans la longue file d'attente, quand je pus enfin tendre mes papiers à l'infirmière. Sans relever la tête, ni se tourner dans ma direction, elle me demanda si j'avais mon pesséïs.

Mon pet c'est I ? Mon PC i ?

Malgré l'effervescence des cellules de mon cerveau, celui-ci ne comprend pas de quoi il s'agit, ni même si j'ai un jour possédé un pesséïs. PCI : Personnal Computer Informatique ? Permis de Conduire International ?

Ce vide m'amène à penser qu'elle ne s'adresse pas à moi ! Elle ne semble pas maîtriser les manières les plus basiques de la politesse en parlant sans se tourner vers la personne à qui elle s'adresse, elle doit donc parler toute seule, affectée par ce mal qui pousse les gens à dire à voix haute tout ce qu'ils font.

Ne me sentant plus concerné, je reste sans réaction, le regard patient, posé sur la jeune femme qui s'affère sur son ordinateur. Sauf que devant mon air décontracté, voilà qu'elle s'ébroue dans un agacement sous entendu et s'adresse à moi avec une moue enfantine et un air chantant "mais monsieur quand on vient pour un scanner on amène son produit de contraste iodé".

Bien sûr ! Mon Produit de Contraste Iodé ! Évidemment ! J'admets que chacun possède ses propres abréviations dans son travail, mais une utilisation parcimonieuse de ces raccourcis évite d'isoler les extérieurs !

Ah ben oui, dit comme ça, je comprends mieux. Et pour toute réponse, je lui tends le paquet que m'avait emballé la pharmacienne un peu plus tôt et me dirige vers la salle d'examen.

A la sortie du scanner, ravi par une soudaine envie de légèreté, je m'approche du comptoir pour interloquer la belle experte.

— pardonnez moi, je ne vous dérange pas longtemps, je voulais juste vous féliciter pour cette pisaure admirable posée dans vos cheveux...

Flattée, elle me sourira sans doute juste le temps que je termine ma phrase, franchissant la porte d'un pas léger et le sourire aux lèvres :

— c'est rare les femmes qui aiment les araignées venimeuses…

Retours :

Contrat rempli, tu as écrit 1996 caractères espaces compris ! Bel essai ! Pour un premier texte "rigolo" c'est une réussite :) On est sur un humour léger et fin qui me plaît bien. Ce qui est bien, c'est que tu sois partie d'une situation qui nous est tous arrivée, que ce soit dans le milieu médical ou même dans un cadre plus administratif. J'aurais peut-être plus joué avec les possibles définitions de l'abréviation pour souligner le caractère sarcastique de ton personnage qui apparaît à la fin. Néanmoins, je trouve que la chute est une belle vengeance dans les règles de l'art ! Et ça fait plaisir ;)


#2Grégory Desseaux


Gaétan sursauta. Lui qui jusqu’à présent avait réussi à se créer une bulle de sécurité, vit sa concentration voler en éclat tel le bris d’une piñata lorsque la voix gutturale de l’homme résonna soudainement.

- Alors, mon garçon !

Jamais Gaétan ne s’était senti aussi fébrile. Jamais il n’aurait imaginé se retrouver un jour dans un tel état de nervosité. Livide et tremblant comme une feuille, le garçonnet essuya maladroitement d’un revers de main l’abondante sueur qui perlait à son front. Il posa les yeux vers l’individu avachi sur sa chaise. L’homme avait un regard de merlan frit et une barbe de mille jours comme s’il revenait des croisades.

- Répétez donc ce que vous avez dit Gaétan… et avant la prochaine éclipse solaire si possible !

- J’a-j’avais juste dit… crocrognard, monsieur.

- Crocrognard ?

Gaétan, du haut de ses huit ans, acquiesça mollement. Debout sur l’estrade face à ses camarades, il avait l’impression d’être un condamné à mort sur un échafaud.

- Et pourrait-on savoir ce qu’est un crocrognard ? Car j’ai beau chercher (l’homme ouvrit son dictionnaire) impossible de trouver ce joli mot.

- C’est… c’est quelqu’un qui mange des crocrodiles, monsieur.

Le professeur se leva brusquement et se mit à applaudir en encourageant ses élèves à l’imiter. La honte irradiait Gaétan de la tête aux pieds.

- Vraiment, fit l’homme en se rasseyant, je suis impressionné. Eh bien, puisque nous avons affaire à un petit érudit, vous pouvez retourner à votre place.

Le visage de l’enfant reprit un peu de couleur et il s’empressa de quitter l’estrade.

- Bien sûr, lança le professeur en coupant le garçon dans son élan, cela ne vous empêchera pas de me copier cent fois "je ne dois pas manquer de respect à mon professeur".

Gaétan se figea avant de tourner les talons.

- Et aussi jeune homme, vous me chercherez pour demain des synonymes de fanfaronner… Avec votre talent, vous devriez nous sortir de votre chapeau une bonne trentaine de mots !


Retours :

Contrat rempli, tu es à 1941 caractères espaces compris ! Bon. On va pas se mentir. Quand j'ai lu "crocrognard" pour la première fois mon cerveau a traduit ça en "gros connard" mais ça doit être la déformation de mon âge XD Mis à part cette originalité qui m'est propre, ton texte respecte tout à fait la consigne et on se retrouve dans une situation que l'on a tous plus ou moins vécu dans le passé (plus ou moins lointain pour certains XD). Mais (et oui il y en a un ;D), au fond, je ne sais pas quoi penser de ton texte. Je m'explique : Je ne sais pas s'il faut avoir pitié de l'élève ou rire avec le prof. En effet, le début est très axé sur la honte de ce pauvre Gaétan ("il est content Gaétan" Argh ! J'ai du mal à ne pas faire de référence Disney quand j'en vois une, désolée) et on a de la peine pour lui. Le champ lexical appuie beaucoup là-dessus. Mais, de l'autre côté, on a le prof qui, en soi, n'est pas méchant. Il a juste un léger penchant pour l'humiliation publique (héritage lointain de ses aïeux chasseurs de sorcières) et sa phrase finale est empreinte d'une ironie que j'apprécie tout particulièrement. Donc, ce n'est peut-être que moi après tout, mais je ne sais pas quel camp choisir ^^' Mis à part ça ton texte est très bien, je te rassure ;)


 

Encore merci à vous, nos fidèles !

Le prochain exercice sera publié Mercredi 10 Juin !

À bientôt ! ;)

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3 Kommentare


Grégory Desseaux
Grégory Desseaux
03. Juni 2020

@Lally

Oui, tu peux tout à fait utiliser et adopter "crocrognard"... pas de problème. 😊

Beaucoup aimé ton texte aussi qui utilise en effet un humour fin et subtil. Tu as un bon style d'écriture.

A bientôt pour la suite. 😉


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Hello,

Yahoo merciiiiii pour ce commentaire, celui-là et les autres. Ca me donne encore plus envie de me dépasser et d'écrire dans des zones où je ne suis pas franchement à l'aise.

Pour le texte de Grégory j'ai adoré le "crocrognard" (entre nous, je crois même que je vais adopter le terme ! si l'auteur m'y autorise) et on imaginait bien le môme de 8 ans, seul sur l'estrade à se faire ramasser par l'instit devant toute la classe et la chaleur qui irradiait ses joues ! (j'ai connu ça dans un passé ancien....)

(je sais pas d'ailleurs si ce genre de traitement existe encore..., ça doit être interdit par les travers du nouveau siècle. L'instit n'ayant plus le droit…

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Grégory Desseaux
Grégory Desseaux
03. Juni 2020

Bonjour et merci pour ce retour.

Eh bien non, il ne s'agit pas d'une déformation liée à l'âge car c'est exactement ce terme que je souhaitais utiliser dans le texte 😊. J'ai pris le risque de ne pas être trop explicite la dessus, et ouf, ça a fonctionné du coup.

C'est bien l'idée du prof qui a parfaitement entendu le "gros c....." et qui "joue" en quelque sorte avec l'élève pour le faire réagir à sa manière.

A bientôt pour le prochain exercice 😉.

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