Retours Atelier #5

Mis à jour : avr. 29


Merci à nos deux participants qui ont mis une femme à l'honneur pour ce thème "Who run the world ? Girls !" ;-)


#1 – Lally


« Dos de cabillaud poêlé sur fondue de fenouil, sauce chorizo » Rien qu’à la lecture du menu, Vanessa avait des haut-le-cœur. Pourtant c'est au-dessus de ce restaurant que Marcel venait de lui offrir une chambre de bonne, contre un boulot de plonge en cuisine.

— Moi non plus je n'aime pas le poisson ! grimaça l'homme, dont l'odeur des hormones dérangeait l'odorat développé de Vanessa. Elle, elle aimait le poisson, mais certainement pas comme il pouvait l'imaginer.

Le soir, lorsque les cuisines furent désertes et la vaisselle terminée, la jeune femme se dirigea vers la salle de bain quand déjà une ombre se faufilait, à pas de velours dans l'escalier derrière elle.

Après une douche forcément trop brève, car l'eau douce lui asséchait la peau, Vanessa n'eut pas le temps de s'enrouler dans une serviette que la porte s’ouvrit sur un Marcel hilare qui la plaqua dans le fond de la baignoire. Trop occupé à peloter ses seins, l'obsédé ne porta pas attention à ses fesses pourtant offertes. Il n'eut pas le temps de comprendre.

Une fois libérée de l'intrus, la jeune femme dut attendre d'être parfaitement sèche avant de pouvoir quitter la salle d'eau. Elle allait devoir fuir la ville pour la côte au plus vite, et avant qu'on ne découvre son œuvre.

Les embruns emplissaient déjà ses narines quand Vanessa entra dans les vagues. Cinq minutes lui suffisaient pour parfaire sa transformation. Déjà, des têtes ravies de la retrouver émergeaient de l'eau. Le sourire de la jeune femme montrait ses longues canines alors que la mutation pulmonaire n'était pas achevée. Ses écailles ne recouvraient pas encore toute la longueur de sa queue…

La mer, son oxygène, purifiait son corps de la viande qu'elle avait arrachée un peu plus tôt à cet humain qui s'en était pris à elle. Encore quelques secondes et ses yeux allaient devenir fixes, ses paupières se rétracter, puis enfin dotée d'une agilité sans pareil, elle pourrait plonger dans la mer pour rejoindre ses semblables.

En ville, la police restait interdite devant les membres disloqués de Marcel. Ils étaient étalés dans toute la salle de bain et portaient les stigmates d'une violence inouïe.

En mer, la lune ronde éclairait des corps brillants qui constellaient la surface de l'eau comme des milliards de petits diamants. Les sirènes fuyaient jusque dans les profondeurs les rêves insolites des pêcheurs : remonter une sirène dans leurs filets.


Retours :

Contrat presque rempli...! On est à 2390 caractères espaces compris, 2000 sans les espaces, on va dire que le verre est à moitié plein :)

L'intrigue développée en si peu de temps est vraiment intéressante et la première phrase nous met tout de suite dans le bain sans trop en dire. Les indices sont bien disséminés, ce qui fait que la chute est bien développée et tombe, sans mauvais jeu de mots, à pic. En lui-même, le texte est aussi bien écrit et très agréable à lire. Tu mets bien en avant le personnage féminin qui commet peut-être un acte cruel (mais ne l'avait-il pas mérité ? ;)) mais finit victorieuse. Petit bonus pour la référence (ou la réécriture d'ailleurs) à Mélusine, je ne sais pas si c'est fait exprès, peut-être que ce sont juste des rappels des études de littérature. ;-)


#2 - Grégory Desseaux


Elle courait à perdre haleine en jetant fréquemment un regard affolé par-dessus son épaule. Ses pieds nus et ensanglantés souffraient le martyre, à deux doigts de trébucher contre les racines sortants de terre tels des monstres tentaculaires. Dans sa fuite éperdue, les branches la fouettaient comme l’énième supplice d’un infini cauchemar.

Mais nul cauchemar à l’horizon. Seule la terrible réalité s’imposait à Chloé depuis que la situation avait dégénéré 72 heures auparavant. Jamais elle n’aurait dû passer commande sur le site Movie Diversion. Jamais elle n’aurait dû se laisser berner par les critiques dithyrambiques de ces nouveaux jeux de rôles. Galvanisée par l’excitation du projet, Chloé ne s’était pas méfiée. Et à présent, elle regrettait amèrement ce manque de précaution.

Néanmoins, la jeune femme avait réussi à échapper par miracle à son kidnappeur en usant de techniques de self-defense avant de prendre ses jambes à son cou. Et si l’individu semblait accuser le coup, Chloé savait qu’il reprendrait très vite ses esprits pour se lancer à ses trousses tel un chien enragé.

La forêt semblait tout droit sortie d’un conte des frères Grimm. Gigantesque, lugubre, elle conférait au décor une atmosphère mystérieuse, presque irréelle.

Soudain, une trouée lointaine entre deux arbres illumina le visage blafard de Chloé. Elle venait de retrouver la civilisation et cette perspective lui fit reprendre du poil de la bête. La jeune femme se précipita dans les bras du policier qui venait de faire volte-face, alerté par les cris de détresse.

- Dieu soit loué ! lança-t-elle au bord des larmes.

- Que faites-vous ici, madame ? Un confinement national, vous savez ce que ça veut dire ?

- Un confinement ? Mais quel confi…? On m’a enlevée nom de Dieu !

- Ah vraiment !

- S’il vous plaît, emmenez-moi loin d’ici ! Je veux voir…

- Adam ?

Chloé recula de quelques pas, les yeux béants.

- Co-comment vous connaissez…

Le policier lui sourit.

- Le jeu ne fait que commencer, Chloé !


Retours :

Du côté des caractères, le contrat est rempli puisqu'il y en a 1983 ! En revanche, je suis plutôt partagée en lisant ton histoire. Il semble que la seule chose que sache faire Chloé est le self defense, ce qui est bien mais peu développé. Elle se retrouve donc rapidement dans une posture de femme en détresse, ce qui n'est qu'accentué par la fin qui fait encore d'elle une victime. Il aurait peut-être été bon de créer un retournement de situation ou de ne pas faire d'elle un personnage suppliant auquel on doit porter secours, ce qui est déjà le cas de la grande majorité des textes dans la littérature...



Encore merci à tous les deux !

Le prochain exercice sera publié Mercredi 25 Mars !

À très vite !

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