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L'Abécédaire (très subjectif) du féminisme
Samantha Feitelson
8.5 €
FEMINISTE
PRÉFACE ET LETTRE A
Pourquoi un abécédaire ?
Parce que, parfois, on ne sait pas par où commencer. Le féminisme, on en parle beaucoup. Il fait débat, il agace, il inspire, il effraie. Il est partout, et pourtant, mal compris. J’en ai eu marre d’entendre toujours les mêmes clichés – que c’est un truc de colère, de haine, ou de cheveux bleus. J’avais envie de poser des mots. Des vrais. Des simples. Des puissants.
Alors j’ai choisi l’abécédaire. Parce que c’est un format qui fait semblant d’être scolaire, mais qui permet toutes les libertés. Un mot par lettre, un thème à la fois. Pas de hiérarchie, pas de chapitre, pas de thèse à soutenir. Juste des idées, des réflexions, des coups de gueule, des clins d’œil, parfois des émotions brutes.
J’ai écrit cet abécédaire comme on écrirait à une amie, ou à un oncle relou. Pour expliquer sans justifier. Pour semer des graines. Pour rire un peu, râler beaucoup, et dire ce que j’aurais aimé lire plus tôt.
Ce n’est ni un manuel ni un manifeste. C’est un abécédaire très subjectif. Mais sincère.
Et surtout, c’est un point de départ.
Bienvenue dedans !
A
Comme
Autonomie
nom féminin
1. Situation d’une collectivité, d’un organisme public dotés de pouvoirs et d’institutions leur permettant de gérer les affaires qui leur sont propres sans interférence du pouvoir central.
2. Capacité de quelqu’un à être autonome, à ne pas être dépendant d’autrui ; caractère de quelque chose qui fonctionne ou évolue indépendamment d’autre chose
Il y a des mots qui claquent comme des portes qu’on referme. Autonomie, c’est ça. C’est le moment où on reprend les clés de sa vie, où on arrête de demander d’attendre, de plaire, de se faire petite.
C’est pouvoir dire non à une relation où on étouffe, refuser une carrière qu’on n’a pas choisie, décider de son corps, de son temps, de son argent. C’est aussi choisir de faire une famille autrement, ou de ne pas en faire du tout. De partir. De rester. De recommencer. D’oser.
Pendant longtemps, on a dit aux femmes qu’elles étaient faites pour être dépendantes : du mari, du père, de l’État, de la norme. Et même aujourd’hui, dans un monde qui se dit « libéré », l’autonomie reste un luxe pour beaucoup. Quand on est payée 15 % de moins, quand on bosse à temps partiel par défaut, quand on élève seule des enfants, quand on n’a pas le droit d’ouvrir un compte bancaire sans autorisation (jusqu’en 1965 en France), l’autonomie ne tombe pas du ciel. Elle se gagne. Souvent, elle se réclame.
Mais ce n’est pas qu’une affaire individuelle. Il y a aussi une autonomie collective à cultiver : créer nos réseaux, nos espaces, nos outils, nos savoirs. S’émanciper ensemble. Sans passer par leurs filtres, leurs règles, leurs regards.
L’autonomie, c’est ce qui transforme le possible en permission qu’on ne demande plus.
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