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Le Diable se marie derrière l'église
Louison A. Martel
20 €
RMANCE HIST.
CHAPITRE 1 - LES BOTTINES DE CUIR
1883, Babury, Angleterre
En cette belle journée de mai, le soleil chauffait les tuiles des maisons de briques colorées et faisait scintiller la rivière menant à la forêt, à la sortie du bourg de Babury. Le village ressemblait à une fourmilière, tant la place du marché abondait de monde. Partout, on alpaguait les clients, on criait ses produits : poissons frais, étoffes de soie, précieuses épices venues des colonies d’Inde…
Là, parmi les passants, marchait une petite fille vêtue d’une robe en flanelle raffinée, dont la chevelure de feu virevoltait autour de son visage. Elle arborait un sourire angélique qui faisait ressortir les adorables taches de rousseur parsemées sur sa frimousse. Elle s’approcha du marchand de fruits et légumes. Le bonhomme était rustre, avec ses cheveux emmêlés et sa mâchoire de brigand, mais il en aurait fallu plus pour décourager la fillette.
L’étal proposait un assortiment varié de pommes, de la Bramley, avec sa taille imposante et sa face aplatie, à la pomme Golden Noble et sa teinte d’herbe grasse. Elle donna un coup de pied énergique sous la table, qui fit onduler la nappe d’un blanc sale. Sa chaussure heurta une masse qui émit une protestation. Là, le comptoir brinquebala violemment et ses produits frais roulèrent dans la poussière.
Sous les jurons du commerçant, la petite se pencha vivement. Elle ramassa à la hâte les fruits tant convoités, tandis que la cohue des passants la bousculait. Les bras pleins, elle décampa sans demander son reste. Un garnement aux cheveux de jais surgit subitement de dessous le tissu, chancela et prit ses jambes à son cou pour suivre sa complice.
Dans son élan, la fillette fit tomber quelques butins que récupéra son ami qui la talonnait. Ils passèrent par la rue marchande où le cordonnier, Mr. Flintch, leur adressa des reproches en brassant l’air de son poing. Le garçon se retourna sans cesser de courir et haussa les épaules, nullement contrit. Les diablotins traversèrent le pont fleuri et, sans un regard en arrière, s’enfoncèrent dans la forêt.
Les rayons de soleil filtraient à travers le feuillage vert des grands chênes et projetaient des ombres sur l’herbe grasse. Les oiseaux chantaient en harmonie avec le vent dans les branchages. L’ensemble donnait au lieu un air de paradis.
Hors d’haleine, la petite fille jeta sans autre forme de procès les fruits qui s’éparpillèrent autour d’elle. Comme il ne parvint pas à réfréner sa course assez tôt, le garçon glissa et son larcin s’étala par terre. Dans une expiration sonore, il se laissa choir dans le lit d’herbe et de feuilles.
— Poppy, souffla-t-il en se tenant les côtes.
— Quoi ? fit l’intéressée en croquant dans une pomme.
Elle s’essuya la bouche d’un revers de manche.
— Tu m’as fait mal, quand j’étais sous l’étal. Tu aurais pu y aller plus doucement, hein.
— Damian est une fillette, chantonna Poppy pendant que son compagnon se relevait dans une grimace.
— Je ne suis pas une fillette.
Telle une comptine, son amie répéta ses moqueries en sautillant malicieusement autour de lui. Le mettre en colère était une de ses activités préférées.
— Arrête ça, Poppy. Ou c’est moi qui vais te faire manger la pomme.
Sous la menace, la forêt résonna d’un rire cristallin.
— Essaye donc pour voir. Tu n’arriveras pas à m’attraper.
Damian bondit, la douleur oubliée, et entreprit de poursuivre Poppy. Comme il gagnait du terrain, elle sautilla jusqu’à atteindre la branche basse d’un cèdre, près du cours d’eau qui clapotait contre la rive. La ramure n’était pas haute, mais la petite taille de la fillette entrava son projet. Perdu pour perdu, elle décida alors de grimper sur le tronc. Lorsqu’elle tenta de passer sa jambe afin de se hisser, elle sentit une résistance qui l’empêcha de prolonger son geste, puis entendit un craquement. Elle grogna d’un air fort peu gracieux, et ce fut au tour de Damian d’éclater de rire. Poppy ouvrit de grands yeux terrifiés quand elle constata que son bas de soie était déchiré. À présent, elle ne trouvait le jeu plus drôle du tout.
D’une main rageuse, elle extirpa le tissu coincé dans l’écorce, et bondit à terre, penaude. Damian s’agenouilla pour découvrir les dégâts. Il rougit furtivement, un peu honteux de fixer la jambe à moitié nue de son amie. En voyant l’ampleur du désastre, toute gêne s’évapora.
— Je crois que la punition divine s’est abattue sur toi, Poppy.
Il tâchait d’arborer un ton léger, mais, en cet instant, rien n’aurait pu endiguer l’effroi de la fillette.
— Si j’avais été plus grande, je n’aurais pas accroché ce maudit vêtement. Mère va être furieuse.
La mâchoire serrée, elle tentait de retenir ses pleurs, mais la perspective de retourner chez elle dans cet état la terrorisait.
— Et si tu les enlevais ? proposa Damian.
Rentrer sans ses bas était inenvisageable, qui sait ce que sa mère pourrait imaginer. Une larme solitaire roula sur sa joue tachetée.
Damian tira la manche rapiécée de sa veste et essuya la perle salée avant de poser une main rassurante sur la tignasse rousse.
— C’est ma faute, Poppy. J’irai dire à Lady Katherine que je suis responsable.
— Surtout pas ! Elle est capable de penser que tu as tenté de me faire du mal. Et je ne suis pas censée passer du temps avec toi, tu te souviens ?
Le visage de Damian pâlit et il retira sa main comme si les cheveux de Poppy étaient devenus des braises ardentes.
— Tu as raison, je suis désolé.
Dans un reniflement pathétique, la fillette ramassa les pommes restées au sol et les tendit à son ami.
— Tu n’as qu’à les ramener chez toi. Moi, je vais rentrer.
Le garçon hocha la tête. Avant qu’elle ne lui tourne le dos, il la héla et lui lança un fruit qu’elle rattrapa au vol.
— Cache-la sous ta robe, je doute que tu aies le droit de souper, ce soir.
Elle le remercia d’un demi-sourire, puis reprit sa course en direction du village, la boule au ventre.
En sortant de la forêt, elle ralentit le pas, peu pressée d’affronter le courroux de sa mère. Une excuse crédible lui était nécessaire pour s’en tirer sans trop de dommage. Elle s’arrêta au milieu du pont, les bras croisés sur le garde-fou, hypnotisée par le courant qui dansait entre les pierres. Le bruit l’apaisa tant il ressemblait à celui de la pluie sur le toit de sa chambre, le soir, lorsqu’elle sombrait avec bien-être dans le sommeil. Elle laissa l’instant s’étirer encore et tenta de puiser les ressources nécessaires au combat, certes perdu d’avance, qui l’attendait.
Elle parcourut le village et ses ruelles d’une démarche morne, tirant sans cesse sur ses jupes dans le vain espoir qu’elles cachent ses bas de soie déchirés. Lorsqu’il fut temps de traverser l’allée de graviers blancs qui menait à l’imposante demeure de son oncle, les conifères centenaires qui encadraient le grillage lui semblèrent plus menaçants que jamais. Les arbres bienveillants de la forêt lui manquaient déjà. Damian, surtout, lui manquait.
Alors que ses chaussures crissaient sur les pierres, une silhouette apparut sur le perron de la maison, vêtue de sa robe du dimanche, ses cheveux grisonnants relevés dans un enchevêtrement de tresses et de rubans. Poppy n’eut aucun mal à deviner l’expression sévère de sa mère, Lady Katherine. Elle baissa honteusement la tête, tel un prisonnier condamné à mort devant son bourreau. Elle sentit, comme un fer chauffé à blanc, son regard accusateur inspecter son allure, puis entendit un cri étouffé lorsque sa mère constata les dégâts. Poppy ne put retenir une grimace. Le Purgatoire l’attendait, lui ouvrant ses portes à l’instant même où Lady Katherine lui ordonnait de rentrer.
Le hall était d’une propreté proche du divin, avec un sol si blanc que l’on s’y reflétait comme dans une bassine d’eau pure, et les murs arboraient des tapisseries ornementales d’un bleu clair céleste.
Dans un froissement de robe, Lady Katherine se tint devant sa fille, le menton relevé, la surplombant de toute sa hauteur. Encore une fois, Poppy se lamenta de sa petite taille. Sept pouces de plus et elle aurait pu tenir tête à sa mère, mais cela n’était pas le cas.
— Allez-vous donc me dire où vous étiez passée, ma chère ?
La voix était tellement cinglante que la jeune fille crut recevoir un coup – peut-être aurait-elle préféré ce châtiment au fait de devoir mentir. Elle n’eut pas l’inspiration d’une histoire crédible, alors elle garda le silence. Devant son manque de coopération, elle sentit sa mère s’impatienter et eut la désagréable impression que toute la maisonnée avait interrompu son activité pour écouter sa défense.
— Vous refusez de parler ? Fort bien. De toute évidence, vous étiez encore avec ce Damian Baker. Demain, j’irai voir sa mère une bonne fois pour toutes, et qu’on ne me rétorque pas qu’elle est souffrante !
— Non !
Poppy avait crié si fort que Lady Katherine eut le souffle coupé, ainsi que les servantes qui passaient par là. On attendit une catastrophe imminente. Elle ne tarda pas.
— Comment osez-vous me parler sur ce ton ? Quand allez-vous enfin cesser de vous comporter comme une sauvageonne ! Ce garnement a une très mauvaise influence sur vous !
Lady Katherine pointa un doigt accusateur vers le bas de soie éventré, hors d’elle.
— Vous rendez-vous compte ? Vous avez faussé compagnie à votre gouvernante !
Puis le coup de grâce :
— Mais qu’allons-nous faire de vous ?
Une larme coula lentement le long de la joue de la jeune fille. Elle se sentait si mal, si prisonnière dans ce hall trop propre, dans cette maison trop grande où elle n’avait aucun ami, où sa seule distraction était d’apprendre à être une dame, un magnifique objet décoratif destiné à embellir la demeure de son futur mari.
— Je ne veux plus vous voir ! Montez dans votre chambre ! Vous êtes privée de souper !
Tête baissée, Poppy se traîna jusqu’aux escaliers de marbre. Elle ne s’arrêta que lorsque ses yeux, rivés sur le tapis de velours, rencontrèrent le bas d’une canne. À contrecœur, elle releva son museau et frissonna en croisant la face aigrie de son oncle, Sir Stephan Varen. Son visage fripé n’exprimait rien d’autre que son aversion pour sa nièce, lui préférant de loin son frère aîné, Gareth.
Lady Katherine se posta au pied des escaliers.
— Je crains qu’il ne faille engager une nouvelle gouvernante, Stephan.
Le cœur de Poppy se crispa douloureusement. Si la bonne était renvoyée, son oncle s’arrangerait pour que plus jamais elle ne retrouve un travail honnête.
Le baronnet hocha la tête d’un air dédaigneux. Lorsqu’il aperçut le bas endommagé, une colère sans nom déforma ses traits.
— Ma nièce est donc une traînée !
— Enfin, Stephan ! s’offusqua la mère de Poppy. Ne dites pas des choses pareilles ! Amberine a déchiré son bas en jouant avec des pauvres.
En entendant son prénom, la jeune fille ne put réprimer une grimace. Poppy était le surnom que lui avait donné Damian. D’après lui, Amberine sonnait affreusement Landed Gentry – classe à laquelle appartenait sa famille, aussi nommée la noblesse terrienne –, et il était pour lui tellement péjoratif qu’il jugeait que son amie ne méritait pas un tel blasphème. Le garçon avait mis plus de deux mois à trouver l’appellation qui lui convenait, et l’élue fut Poppy. Jamais Amberine n’en sut la raison, et jamais Damian ne la lui donna. Encore aujourd’hui, le mystère restait entier.
— Montez dans votre chambre, Amberine.
Elle ne se fit pas prier. Aussi sévère que fût Lady Katherine, elle ne rivalisait pas avec la cruauté de Lord Varen. Ils étaient, elle, ses parents et son frère, ses invités et obligés.
Les Varen n’appartenaient pas à la haute société, mais leur richesse leur avait permis d’acquérir tout le village de Babury. Seulement, Sir Varen, veuf et sans héritier, connut les affres financières de la Grande Dépression agricole de 1870. Lady Katherine, sa sœur, dut alors se marier à la hâte à Angus Moore, Superintendent de la police de Folkestone et issu d’une lignée aisée. Son poste important ne lui laissait guère le loisir de vivre dans la demeure des Varen et il n’y revenait que pour ses jours de repos. Une absence pesante pour toute sa famille, mais son travail passait avant tout le reste.
Montant les marches aussi vite que le lui permettait la bienséance, Amberine se rendit dans sa chambre, où, une fois la porte fermée, sa tristesse éclata.
Des sanglots résonnèrent contre les murs aux couleurs crème et enveloppèrent le lit à baldaquin lorsqu’elle se jeta sur les draps, les inondant de ses perles salées. À travers les volets entrouverts, la lumière du jour diminuait, jusqu’à ce que les rayons de lune la remplacent. Épuisée par sa détresse, Poppy s’endormit, couchée sur le ventre, les cheveux en soleil autour de sa tête.
Son sommeil fut agité et empli de songes. Elle vit son père, Angus Moore, dans son bel uniforme de police, passer la porte de la maison. Miracle, son visage d’ordinaire si sévère s’illumina quand il l’aperçut et il la prit dans ses bras, la serrant fort. Dans ce rêve brumeux, même son frère Gareth ne l’arracha pas à son étreinte. Son père cessa de l’embrasser lorsqu’une voix retentit derrière lui. Au plus grand bonheur de la jeune fille, Damian, un peu flou, arborait des habits de qualité qui mettaient en valeur ses cheveux noir de jais. Mr. Moore vint à sa rencontre, mais avant qu’Amberine ne puisse réagir, il enlaça à son tour le garçon avec bienveillance. Elle en resta bouche bée. Alors qu’elle admirait ce spectacle hors du commun, un bruit sec la fit sursauter. Vivement, elle se retourna, mais il n’y avait rien. Encore ce bruit. Au troisième choc, Amberine émergea de son rêve.
Elle se redressa sur son matelas, se glissa hors du lit et ouvrit ses volets. Alors qu’elle se penchait pour trouver l’origine du tapage, une pierre de la taille d’une bille vola tout près de sa joue, et atterrit avec de petits rebondissements sonores sur le dallage de sa chambre. Un juron étouffé lui indiqua la présence de quelqu’un sous sa fenêtre. Malgré la voix, il lui fut tout d’abord difficile de reconnaître le visiteur, mais bien vite Damian s’identifia par de grands gestes de bras.
— Je monte ! siffla-t-il alors qu’il commençait son ascension en agrippant le tuyau de la gouttière.
Apparemment, Amberine n’avait pas son mot à dire, alors elle l’attendit sur son lit, assise en tailleur. Sans plus tarder, Damian pointa le bout de son nez et, tout essoufflé, enjamba l’encadrement. Il parvint aux côtés de son amie sans se faire prier. Ce n’était pas la première fois qu’ils se rejoignaient ainsi en cachette.
— Alors ? Comment ça s’est passé ?
— Je n’ai pas vraiment envie de parler de ma mère. Et toi, Damian, comment va la tienne ?
Le garçon hocha lentement la tête.
— Aussi bien que d’habitude. La routine, quoi.
Damian avait baissé le front, ses traits disparurent dans la nuit.
— Donc elle est toujours malade ?
Elle avait employé un ton interrogatif, mais Amberine n’attendait pas vraiment de réponse de sa part. Elle savait pertinemment que la mère du garçon était souffrante, et ce, depuis longtemps. Malheureusement pour Damian, ils n’avaient pas les moyens de payer les soins. Quant à son père, il ne l’avait jamais connu et on ignorait réellement ce qu’il était devenu. Là, on disait qu’il était mort, et ici qu’il avait fui quand il avait appris que sa femme était enceinte.
Tripotant sa veste sale, le garçon resta silencieux puis il souffla comme si tout le poids du monde pesait sur ses jeunes et frêles épaules.
— Elle va aller mieux, dit-il enfin.
Poppy caressa délicatement la joue de son ami en signe de réconfort. Damian n’avait jamais dit une chose pareille. D’ordinaire, il préférait taire le sujet. Il n’exprimait jamais ses sentiments et ses angoisses. Pourtant, il poursuivit :
— Mon père m’a envoyé une lettre.
— Ton père ?répéta Amberine avec surprise.
Elle mit en hâte une main devant sa bouche lorsqu’elle se rendit compte qu’elle avait parlé trop fort.
— Mais Damian, tu sais bien qu’il vous a… enfin…
— Abandonnés ? acheva-t-il avec un rictus amer. Ouais. Ce type est un vrai salopard. Maman est tombée malade juste après son départ. Je le hais de tout mon cœur.
L’aplomb de sa déclaration la fit frissonner. Comme le garçon ne semblait pas enclin à lui en dévoiler davantage, elle décida de mettre les pieds dans le plat :
— Et cette lettre… Tu as réussi à la lire ?
Si Amberine dispensait des sessions de lecture à son ami de temps à autre, il était loin d’avoir les capacités de déchiffrer des phrases entières.
Damian lui lança un regard en coin, puis il s’empressa de baisser la tête.
— Eh bien, oui, si tu veux tout savoir. Pas tout, hein, mais j’ai fait comme tu m’as dit : j’ai essayé de comprendre le sens même si je ne connaissais pas tous les mots.
— J’aurais pu la lire pour toi.
Un ange passa, ou plutôt une chouette vola fugacement devant la fenêtre. Son hululement résonna dans le silence paisible de la chambre.
— Les choses vont changer, Poppy. Ma mère va aller mieux, continua-t-il en plantant ses yeux dans les siens.
Un feu intense brûlait en lui, elle en eut le souffle coupé. Jamais elle ne l’avait vu exprimer autant de colère.
Elle fronça les sourcils, perplexe.
— Qu’est-ce que tu veux dire ?
— Rien de plus que ce que j’ai dit.
Comme la conversation commençait à lui échapper, il se mura dans un silence qui s’étira quelques instants dans l’immensité de la pièce.
— Tu as mangé la pomme ?
— Non. J’avais même oublié que je l’avais.
Elle sortit le fruit de sa poche.
— Tu la veux ?
Damian acquiesça et croqua avidement dans le fruit dont le jus coula sur ses mains.
Une bonne partie de la nuit, les deux amis bavardèrent, évoquant leurs bêtises passées, étouffant leurs rires dans les oreillers. Puis Amberine s’endormit, épuisée. Elle ne sut pas à quel moment elle sombra. Peut-être s’était-elle assoupie lors d’un silence, ou bien au beau milieu d’une conversation. Cette fois-ci, son sommeil fut lourd et aucun rêve ne vint la hanter.
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