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La Damnation de l'ange

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La Damnation de l'Ange

AVRIL 2099
EUROPA CITY
Georges, l'ange pourfendeur et fidèle de Dieu, sort de sa stase millénaire avec un seul but en tête : se venger de son ancien ami, Prométhée, responsable de la chute du Paradis.
Mais au coeur de cette vendetta divine, une découverte inattendue l'attend : l'amour, sous les traits envoûtants de Lilith, une jeune femme que le destin met sur sa route.
Entre devoir céleste et passion humaine, Georges devra naviguer dans les méandres de son âme tourmentée pour trouver la rédemption.

Plongez dans un voyage où se mêlent passion, trahison et rédemption, où chaque choix pourrait sceller le destin de mondes entiers, où passé et présent se heurtent dans un combat épique entre anges et démons.

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Un Extrait ?

PROLOGUE

« Le Mal se situe à la frontière du Bien, le Bien à celle du Mal.
Et sur cette frontière, marche l’homme. »
Prométhée


Le ciel s’étranglait en tumultes lourds. Les nuages se compressaient, s’emmêlaient les uns aux autres, fœtus de vapeur sujets à la violence des vents. Soudain, le tonnerre retentit, sourd, roulant comme le ressac lancinant de l’océan. Des éclairs déchirèrent l’épaisse masse nuageuse, éphémères cicatrices aveuglantes. Puis la pluie se mit à tomber, d’abord quelques gouttes disparates, vite suivies de trombes d’eau ruisselante, s’écroulant sur le monde.
Perdu entre les immeubles modernes de plusieurs dizaines d’étages, se trouvait un vestige de temps révolus. Une vieille cathédrale de pierres noircies semblant destinée à finir ses jours, écrasée par ses voisins, colosses d’acier et de verre. Au sommet de ce singulier édifice trônait une sculpture. Sculptée en des temps immémoriaux où les mains de l’artisan lui servaient encore d’outils, des temps où l’homme n’avait pas encore cédé son savoir-faire à une robotisation aussi galopante qu’incontrôlée. Cette œuvre antique prenait la forme d’un ange accroupi face au vide, les ailes déployées vers les cieux outragés. Les néons des publicités géantes qu’affichaient les gratte-ciels voisins baignaient les sinuosités de ce corps de roche d’un halo multicolore et blasphématoire. Ce bariolage iconoclaste n’était interrompu que par les illuminations agressives des éclairs déchirant les nuées.
Si d’aventure une âme perdue, éprise d’un intérêt pour les savoirs séniles et oubliés de cette ère d’agitation, s’était attardée à contempler cette œuvre de plus près, elle aurait noté la finesse de ces traits, de ces courbes et sillons. Elle aurait senti sous ses doigts la régularité du grain de cette peau de granit, léchée par des siècles d’érosion. Elle aurait contemplé ce regard figé dans une pensée infinie, ces yeux qui ornaient un visage à la perfection sibylline, application scrupuleuse du nombre d’or. Les muscles semblaient animés d’une légère tension, comme si d’un instant à l’autre, ils pouvaient se déployer dans un élan libérateur. Pourtant, rien ne suggérait l’inertie plus que l’impassibilité de ce visage, ni l’immobilité de ce corps, une léthargie fixée par l’inflexibilité de la roche. La pluie lui adressait une caresse humide, s’écoulait de ses joues, pleurant cette entropie qui paraissait l’empêcher de rejoindre Dieu.
Le tonnerre claqua et d’autres éclairs zébrèrent le ciel. L’ange s’illumina, projetant son ombre mystique dans le vide. Soudain, une déflagration électrique vint le frapper et l’explosa brusquement en des milliers d’éclats rocheux. Les morceaux retombèrent, cliquetant le long des murs déchirés de la cathédrale. La gargouille aurait dû être désagrégée par la violence du choc ; pourtant, à bien y regarder, la même silhouette se détachant au sommet de l’édifice religieux était toujours perceptible. Sa posture était identique et ses ailes toujours tendues. La foudre véhémente ne semblait pas avoir pu troubler sa méditation séculaire. Un éclair fugace dévoila de sa lumière la métamorphose opérée. La peau de pierre de la statue était devenue souple et laiteuse, ses cheveux d’argent et les plumes de ses ailes scintillaient de reflets dorés. Son visage avait épousé les couleurs de la vie, bien que toujours impassible. Ses yeux, clairs comme des diamants, semblaient encore ne fixer que le vide du temps. Soudain, ses pupilles se dilatèrent, ses veines frémirent et sa poitrine se gonfla sous l’impulsion de son premier souffle. Son visage se contracta en un rictus, et de sa gorge s’extirpa le cri rauque et animal de la douleur, cette douleur ressentie par le nouveau-né au déploiement de poumons encore vierges.
Le corps bascula dans le vide insondable. Après un infime instant, ses ailes se déployèrent comme deux voiles majestueuses emplies de la brise du large. L’ange, impérial, revêtu d’une cape de pluie scintillante, prit son envol dans les cieux étranglés de ce qu’il apprendrait être le monde des hommes.

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